Genèse d'une jeunesse

Genèse d'une jeunesse

# Posté le samedi 03 novembre 2007 08:55

Modifié le mardi 20 novembre 2007 19:17

Bouillon de soleil


Petit ver de soie, f½tus écorché par la fureur des flots,
Hippocampe galopes dans les cieux, bémol du chat blanc,
Fou, est-ce que tu comprend ?
Assoiffé, veux-tu mon eau ?

Regardes manichéen ! Observes la Nuance !
L'étoile de l'intelligence,
Ancrée derrière une fausse simplicité,
Définis, déconstruis et dépasses ta réalité !

Regardes rigueur ! Butinons la Fleur !
La couleur, effluves de parfum,
Lignes et courbes, cambrure des reins
Même nauséabond, même poil et sueur !
Les sensations libres ! Mésanges ou corbeaux
De vos cages vous ne serez plus les victimes bourreaux !

Regardes généralité ! Naît l'Exception !
Les prunelles crevées dans vos prisons,
La cécité comme choix, tant de voix sans émoi !
Une plume sous une haltère-roi,
Sangsue sur les âmes, la censure sens le rance !
Dispense d'avis aux crocs de la loi, malgré que la pensée panse,
Parmi les partisans de la plaie, à leur yeux plaisante,
La peur de l'aiguille est toute présente.

Lis petit adulte ! Déchiffres ce bouillon de soleil,
Pesantes consommes, mêlées aux ailées voyelles,
Brouillon étrange entr'ange et fer. Encr'azur,
Sous les mots des images, sous l'image un message.
Captiver les papilles, vaciller les paupières obscures,
Allumer le filament du firmament, affoler les farfadets
Qu'une autre vérité éclot au creux du cervelet!
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# Posté le samedi 03 novembre 2007 00:55

J'vagabonde mes chaussettes sales dans les taudis de luxe d'vos cimentées palabres

J’vagabonde mes chaussettes sales dans les taudis de luxe d'vos cimentées palabres
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.J'veux crever un samedi soir à Bangkok
Baiser devant une Vierge-Marie à Lourdes
S'ballader sous la mousson de Calcutta
J'veux chier au Vatican, vendre mon corps devant un commissariat
J'veux me bourrer la gueule devant l'ancienne baraque de Gainsbourg
M'cramer des spliffs dans l'assemblée nationale
J'veux pleurer de rire dans un cimetière
Cracher sur le président de la république
J'veux pisser du haut de la tour Eiffel
M'envoyer en l'air dans un temple bouddhiste
Faire le saut de l'ange du haut de l'Everest
Danser sur les toits de Paris
J'veux traverser une autoroute quatre voies en fermant les yeux
Foncer en vélo, les pieds debout sur le guidon, les bras en l'air
J'veux m'enfiler une bouteille de Saint-émilion cul sec assis sur un banc de l'ANPE
Balancer une tonne de merde sur le site d'un G8
Courir à poil d'Kaboul à La Mecque
J'veux juste crever un putain de samedi soir à Bangkok

# Posté le samedi 03 novembre 2007 00:40

Modifié le samedi 03 novembre 2007 01:58

Please .. please, dessines-moi un saut-de-mouton

Please .. please, dessines-moi un saut-de-mouton
"Dix p'tit nègres entassés dans un bus direction le désert"..
Non, c'est pas d'Agathie Cristie, non, c'est marocain, c'est espagnol, c'est franc, c'est l'occident !

Toi t'es blanc, moi j'suis noir, toi tu vis, moi j'survis, pourquoi ? Pourquoi !
J'pleure , j'pleure à en inonder le Sahel ! Mais toi tu m'vois, alors pourquoi tu bouges pas ? Toi avec ta lucarne chez toi, tu m'vois alors pourquoi tu m'aides pas ?
Please.. please.. dessines-moi un saut-de-mouton..
Please.. toi là-bas accueilles moi ..
Suis-je moins que toi ? N'ai-je pas le droit de vivre moi ? N'ai-je pas le droit de manger à ma faim moi ? Pourquoi ?... Pourquoi ? Pourquoi enfant d'occident ?.. Dis-moi ..please.. dis-moi pourquoi ?! pourquoi vous, vous vous rentrez chez moi sans demander, et moi à peine à vos pied vous m'repousser ? Pourquoi vous, vous vous implanter chez moi, et pourquoi moi j'aurai pas l'droit d'profiter des profits que vous entassés sur mon dos et celui d'mes gosses?
C'est pas que j'veux plus d'mon Afrique, c'est qu'mon Afrique veut plus d'moi, c'est pas qu'je veuille v'nir en Europe, c'est qu'en Europe on mange,.. et j'ai mal, mal que les hommes ne se reconnaissent plus entre eux, mal de voir que la Terre n'est pas à tout le monde, mal de vivre mais j'veux vivre moi, alors pourquoi vous vous n'voulez pas m'laisser venir ?

Pas de visa, pas d'argent, juste encore vivant, juste noir, "..pas d'place pour les bons à rien_ qui dise_, t'as pas de papiers, t'as pas le droit d'exister là ! Allez, vas ! Retournes chez toi ! Allez, vas ! Là où l'on meurt, là où on crève la dalle, t'es malheureux ? Et alors ? Qu'est-ce que ça peut m'faire ? Dégages de là ! Oui on a peur, peur d'invasion malgré les raisons on s'en fout on veut pas d'vous ! Allez dégages de là ! Même si t'arrives à v'nir t'inquiètes pas pour toi, t'inquiètes pas qu'on brûlera ton appart', nous on aime pas les squats alors on crame, qu'y en est ou pas dedans nous on s'en fout, on veut pas d'vous ! Y a déjà trop de métisses sur les blanches terres d'Europe alors maintenant stop ! »
Voilà c'qui m'dise, voilà le pourquoi... Alors qu'est ce que vous voulais que j'fasse moi, qu'est ce que vous vous voulez que je fasse ..comment voulez vous que j'vous aime moi, comment voulez vous que j'ne devienne pas violent moi, vous vous avez le choix, pas moi, alors comment voulez vous ? Vous m'échangez des armes contre du cacao, du coton et du bois, alors moi j'ai pas le choix, j'ai pas le choix, on m'demande pourquoi, pourquoi je suis devenu comme ça, et là j'repond pas, j'arrive pas, j'arrive plus, je suis d'venu la bête que vous attendiez de moi, le monstre du maître, le monstre de l'axe du bien. .bien malgré moi..
Please.. please.. dessines-moi un saut-de-mouton..

Sautons au-d'ssus d'leur frontières.. j'vois pas d'lignes moi, j'vois pas d'limites.. juste des hommes qui filent des coups de matraque à d'autres, juste des hommes qui en repoussent d'autres, juste des hommes qui en maltraitent d'autres..juste des hommes qui souffrent, juste des hommes qui souffrent..
please. .please..help-me..please please help-nous !


# Posté le samedi 03 novembre 2007 00:25

Modifié le samedi 03 novembre 2007 01:55

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Ris. Ris je t'en supplies, souffles ton orgasme. Euphorises ton visage. Et craquons les fagots, craquons nos petits corps, craquons nos airs fiers, et déchiquetons leur papiers, leur sinistroses. Foutons-tout en l'air, crachons la folie, d'épiphanies aux petits flocons, faut qu'on rit putain, putain qu'on rit et c'est tout .. On ira voler dans les supermarchés, frauder trains sur métros, métros sur trains, putain on se frôlera d'haine, on sera des sauvages ouais, on ira s'éclater la tronche de bars en pubs, de bistrots en restos, et si la nuit est douce on dormira à la belle étoile, et le froid nous fera squatter les auberges de jeunesse et les églises. Viens, allez on s'en va. Viens, vivre ivre. Ivre du vent, de toutes ces particules de terre, de cette lumière, de cette lumière qui force nos paupières à papillonner et s'ouvrir enfin. Allez, rions, allez, même si on en chiale, on s'en s'aime d'autant plus. Nos rires, c'est cette douce mélodie de piano mal accordée, pour nous elle sonnera toujours juste. Nos sourires, c'est ce gosse mal-aimé, ça fait mal à regarder, mais c'est pourtant si vrai. Y a plus d'hallali possible, alors je serais ton poing crispé, je serais ta fureur de vivre, je serais ta larme salée, je serais ton refuge à souhaits, ton taudis à peine, je serais le pollen de ta ranc½ur, ton cancer, ton dealer d'espoir. Allez viens, viens, je serais pas toujours là. Mes mots seront là, mais je serais plus là. Alors ris, juste un peu, juste parce que sans ça j'existe déjà plus. Je suis juste l'écran de fumée, la feuille de papier. Y a plus d'encre, y a plus d'inspiration, tu m'as tout pris, je suis l'écrivain volé, mon âme s'est défenestrée, je suis juste né dans tes yeux, alors je suis un peu comme un fil au bout d'une étoile. Je m'accroche à la beauté, je m'accroche à l'abstrait, je m'accroche à l'éternité. Mais je perds pieds, alors viens. Bouffes mes mots. Ravages mes idées. Écorches la vie, élances la poésie. Les lettres se forment sur ta peau. Les phrases fondent sous ta chair, se dilue la syntaxe et l'orthographe, et le frisson de tes seins font oublier toute grammaire. Tu n'as pas de manière car tu es juste matière. Art, je t'aime, avec toi j'm'en irai sur les sentiers de la perdition. Je suivrai l'errance de mon concret pour plonger dans l'immortalité de la Pensée. Avec toi je ne serais jamais seul. Avec toi je serais multitude, je serais les éléments, je serais mort mais vivant. Allez, viens on s'en va encore divaguer, main dans la main, dans ces obscures contrées.

# Posté le vendredi 02 novembre 2007 13:13