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Nombril et petits doigts aux pays des pieds grecs
J'épluche ton petit coeur de soie
J'm'emmêle à ton odeur d'raisins secs
J'enfile chaque intonation de ta voix
Tu bois mes mots, mais j'fume tes soupirs
Tu t'trouves moche, mais on s'en moque
T'es mon abricot et j'te croque, j'te croque

# Posté le lundi 05 novembre 2007 15:11

Modifié le mardi 06 novembre 2007 23:10

Comme un adieu

Comme un adieu
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Chevaucher la lune
Transpirer d'étoiles
Et danser, et planer, et s'en aller
Enfin tout éclater
Aller coller sur sa peau
Les crépuscules mâchés
Sans s'oublier, sans jamais se cracher
Exclamer : Je suis et je vis
De la cime d'un immeuble Intérieur
Et tout écrire, tout gâcher ou tout changer
Le risque est grand, mais belle est la chute
Alors, je m'élance de cette falaise,
De cette défonce machinale
Chevaucher la lune
Transpirer d'étoiles
Et danser, et planer, et s'en aller, enfin.
Enfin tout éclater.

# Posté le lundi 05 novembre 2007 15:04

Modifié le mardi 06 novembre 2007 07:36

Écrivain volé

Écrivain volé
Je suis un brouillon. Un brouillon mal fini. Un brouillon dont l'apparente laideur repousse.
Je suis une lettre male écrite.
Je suis dyslexique.
De toute façon, je suis ordinaire. Je ne suis pas Verlaine. Encore moins Rimbaud. A des millénaires d'Hugo.
Je n'ai jamais eu les épaules assez fortes pour supporter mon devoir. Celui d'écrire. Celui de toucher. Celui de percuter. Celui de changer.
La difficulté est de vivre. Puis vient celle d'en rédiger les lignes. Et cette dernière nous révèle bien mieux l'ampleur de la première.
Je n'ai jamais aimé la grammaire. Pas plus l'orthographe.
Enfant, j'avais une imagination débordante, mais ni les mots ni la syntaxe pour la canaliser et l'exprimer de manière compréhensible. Plus tard, ce fut l'inverse. J'avais acquis la syntaxe, apprivoisé les jolis mots. Mais l'on m'avait volé, mâché et vomi mon imaginaire. Il avait disparu au fond de mes yeux malheureux. Dans ce monde sans fond.
Je n'ai même pas la prétention d'être un écrivain maudit, Incompris. Non je n'oserai pas m'approprié le titre des Grands. Non. Disproportionné. Moi je suis un volé. Une tache où l'on se noie sans se distinguer. Comme ce monde. Comme ma génération. Comme mes mots. Désenchanté. Sans souffle. Sans rien. Seul avec ma plume cassée. Mon flacon d'encre vide. Mon âme est une rature. Alors je vais faire comme tout ces b½ufs, rejoindre le troupeau, bouffer de l'herbe pour gommer toute trace de mon esprit-gribouillis. Pour m'aliéner d'une raison implacable. Et oublier mon statut d'essai raté. Mon emprisonnant refuge se trouve dans les mouvements de ma tête.
Je suis mon propre cobaye. Je m'observe. Me vois. Je me constate. Mais de ce qui est de me contrôler, c'est une autre affaire.
« Un écrivain est-il acteur ou spectateur ? »
Il est d'évidence qu'un spectateur est toujours acteur. Et inversement, un acteur toujours spectateur. Il est d'évidence aussi qu'après avoir affirmer ça, on a à la fois tout est rien dit !

Où aller ?
Toujours les mêmes questions sans réponses. Toujours aussi paumé.
Je n'suis qu'un têtard qui joue avec de trop gros nénuphars, comme un enfant avec son lego j'imbrique des verbes pour bâtir une entité qui serait à la fois belle et mienne. Mais comme un bébé capricieux, je ne suis jamais satisfait.. et finit par tout détruire..

La vie est un infinissable aller-retour où défilent des histoires plus ou moins belles. J'aimerais juste en être une.

# Posté le lundi 05 novembre 2007 14:22

Je sais c'est pas très vendeur les patés de mots, les longs textes métaphysiques, mais ça tombe bien je n'ai rien à vous vendre.

Je sais c'est pas très vendeur les patés de mots, les longs textes métaphysiques, mais ça tombe bien je n'ai rien à vous vendre.
Comme dans un ballon de baudruche crevé en l'air, j'virevolte en zigzags sur la route de mes pensées. J'élance des bribes de mots, vers le blanc d'un avenir qui s'enfonce en un tumulte pathétique. Celui de la vie ? Non, celui de la récurrence. Si la fatalité se choisit, j'ai choisi de la refuser. Mais c'est alors que surgit en moi, le paradoxe. Du doute existentiel. Non pas du type : « qui suis-je ? Que fais-je ici » etc. Non. Pas ainsi. Le doute, mon doute, se traduit par l'absence de repères. De repères nobles et justes. Absence de sens. Absence de vérité, d'espoir. Mon esprit est un no man's land. Une ville vide. Un corps où chacun des organismes s'entretuent. Où chaque cellule se cancérise pour s'oublier dans d'effluves errances. Chaque idée naissante provoque automatiquement une idée contradictoire. Chaque nouvel argument trouve son intérêt et sa futilité en chaque contre-argument. Je réfute tout. Comme par réflexe. D'où mon abandon progressif du réel. Du concret. Dehors n'existe pas, n'existe plus. Le vent, oui. Les pigments bleu du ciel, les embruns engourdis, les rochers brûlants, les grains de sable et la rugosité de la terre, oui. Mais tes paroles toutes faites, usités au possible, ton sourire de charme, ta gorge nouée par la peur de perdre, et ton bide noué d'avoir perdu, tout ça n'est plus. Plus qu'air lassé. Plus que papier froissé. Des putains de soleils fanés. La pensée dominante me décrirait alors comme vide à l'intérieur, dépourvu d'émotions, de sentiments. Je l'accepte. La pensée élitiste, elle, s'enthousiasmerait de mon brillant détachement des choses futiles, du trop pesant réel. Laquelle des deux caricatures dit vrai ? Est-ce qu'à ce niveau de réflexion, le vrai a encore sa place ? Allons plus loin, la vérité n'est-elle pas ce simplisme manichéen qui obscurcit notre perception de la vie et des gens ?
J'ai pourtant dis non. Non à tout ça. Je vais rejoindre mon ami le fou, au fin-fond d'mon âme aux couleurs fades et écorchées. Ici, réside la Multitude. Quoi d'autres ? Tout ce que je peux imaginer. Une galaxie mauve, un océan difforme, des forêts d'étoiles, des steppes volantes, une savane bleue, des montagnes de parfums, des planètes encore inconnues, des nébuleuses, une voie lactée qui danse tout autour de moi, le cosmos qui se dilate et ondule, l'Univers, ouais l'Univers, tout réside ici. Entre mes deux oreilles, derrière mes tempes, sous mon cuir chevelu, se trouve un insoupçonnable microcosme. Une infinie abysse. Ici, tourbillonne l'Illimité, le Rêve et le Sauvage.
J'ai appris à aimer haïr tout ce qui consiste à brider. J'en éprouve, oh oui j'en éprouve de la rage, de la peine, du dégoût, et de l'indifférence, oui j'en éprouve. Et si la journée vous croyez m'enfermer, les pieds sagement vissés sur le sol de vos lieux de Travail. Si vous croyez que je suis et serais fonctionnaire d'un système, excusez-en l'innocence du mot, pourri. Si votre passion est de glace, si votre passion se résume à de calculs quotidiens. Sachez que chaque seconde, je suis Ailleurs. Sachez que chaque minute je la passe sur mon navire d'abstrait, sur ce radeau de la démence, où je m'envole bien loin de la machinerie humaine. Et je le jure sur l'Enfant qui rêve dans mon bide, au dessus de notre crasseuse impasse, je baiserai toutes les nuits jusqu'à ma dernière les nuages funambules.

# Posté le dimanche 04 novembre 2007 16:46