Je voudrais vous dire que tout sert. Que non, on n'est pas rien. Mais, au fond j'le sais bien que vous n'êtes rien. Au fond j'le sais bien que je ne suis rien. Rien qu'un reflet. Qu'une poussière. Et certains peuvent se donner des couleurs, s'attribuer du goût. D'autres des idées. A force de vouloir à tout prix être quelqu'un, on finit en personnage de cinéma. Bien malgré nous. Avec une dimension caricatural et au final ridicule. Bien sûr, j'vois d'ici ceux qui vont m'dire "nan, mais tu ne peux pas réduire les gens à des personnages de cinéma". C'est pourtant eux-même qui se réduisent à ce qui ne sont pas. Je ne cherche pas à réduire, juste à décrire ce que l'on devient, en voulant trop être. Ou plutôt paraître. Car, à tellement paraître on finit par ne plus être.
Pour autant. Rien n'est négatif dans ce constat. Car, le fait d'être rien, c'est sûrement la plus belle force qu'on ait. Le fait d'être rien nous offre celui d'être tout. Une immensité vertigineuse, oui. Un horizon sans fin. Car, si je suis né rien. Je peux finir quelque chose. Une chose indéfinie. Et non définie, car si elle l'était, elle ne Serait plus.
Être une chose, c'est finalement bien plus beau qu'être quelqu'un. Être quelqu'un, c'est s'enfermer dans un schéma de pensée archaïque. C'est s'accrocher sur soi des étiquettes superficielles et relatives. Être quelqu'un, c'est en fin de compte n'être qu'un tronc creux. Une boîte vide.
Qui es-tu ? Personne. Qu'est ce que tu es alors ? Une chose. Une chose qui en contient une infinité d'autres. Mais sais-tu qui tu es ? Et toi ? Bien sûr. Car je sais d'où je viens. Ah ? Je sais où je vais. Évidemment. Je suis un tout de goûts, de pensées, de caractères, de réactions. Je suis ce que je fais. Je suis ce que je suis. Je suis celui qui a vécu. Celui qui vit. Et celui qui vivra. Et sais-tu ce que tu a vécu ? Sais-tu ce que tu vis ? Sais-tu ce que tu vivras ? Oui et non. Mais, par exemple, pour ce que j'ai vécu : J'ai vu. A moitié. J'ai senti. A moitié. J'ai ressenti. A moitié. J'ai entendu. A moitié. J'ai touché. A moitié. Pourquoi à moitié ? Pourquoi entièrement ? Comment peut-on croire que l'on ressent et sent tout. Comment peut-on croire que l'on vit entièrement. D'ailleurs en serait-ce un bien ? Quelle est cette autre moitié alors ? L'inconscient ? Peut-être. Elle ne serait qu'une partie alors. Le subconscient alors ? Peut être. Elle ne serait également qu'une partie . Quoi donc d'autre ? J'en sais rien. Et le fait que je ne sache pas, me pousse à croire qu'existe autre chose. Cela reste donc une théorie. Pire: une croyance. Mais la vie, et l'Univers même, est une croyance. Croyez moi ou non, mais vous aussi n'êtes qu'un amas superposé de croyance. Non, j'ai des convictions. Des certitudes. Fondées sur des faits établis, scientifiques, historique,... L'Histoire est un mensonge que personne ne conteste. Et la science se contredit elle-même d'une année à l'autre. Vous trouvez cela établi? Rien n'est fixe. Tout n'est que constance et inconstance. Et je vivrai comme rien, pour mourir sans n'avoir rien était, que le fait d'être naît rien, et d'avoir rempli et vider de ce Tout, un vacant absolu et relatif. Partir donc simplement. Le c½ur léger. Serein. Cela relève de l'absurde. L'absurde relève de rien. Et rien relève de tout. De la magie. de l'impossible. Du fantasque. De l'utopie. Du réel et de l'irréel. Absurde! Tout à fait d'accord.