Ah merde, j'voulais te tuer, mais enfaite t'es déjà mort.

Ah merde, j'voulais te tuer, mais enfaite t'es déjà mort.
240 mois. 7200 jours. Environs 172 800 heures. Et j'vais m'arrêter là pour ce décompte merdique qui me fait bien bader, vous aurez compris ou pas, demain j'aurai vécu tout ça, demain j'ai 20 ans, et déjà plus toutes mes dents, j'ai 20 ans et putain ça me fout la trouille, ça me donne le vertige, et j'en rigole, et j'en chiale, mais j'enfouis ma peine bien au fond d'ce rire nerveux et d'ce sourire géné, j'le fourre bien au fond d'mon bide, et je retire une latte et je reprend un verre. Et c'soir j'ai pas sommeil, comme chaque nuit, j'vais titubé entre mes angoisses le long d'mon insomnie. J'irai passé mon hivers en enfer, allez, j'me jette dans la gueule du loup, je vois la défonce qui m'ouvre grand ses bras, j'arrive enfoiré, j'arrive.

( J'ai trop crié ce soir, j'ai trop fumé, oublier ce que j'viens de dire, demain, demain j'aurai oublier, demain j'penserai plus à ça, alors passez un bon dimanche et éclatez-vous bien. J'vous pouet tous autant que vous êtes, et merci pour vous, inconnu(e)s qui soulager mes doutes d'vos quelques mots )

# Posté le samedi 10 novembre 2007 23:51

Modifié le dimanche 11 novembre 2007 00:20

Apologie d'ces moments d'poésie artisanale

Apologie d'ces moments d'poésie artisanale
Le saxo résonne et on trébuche le long d'nos lèvres mauves qui tanguent.
Nos p'tits doigts tremblent et j'veux jouer d'l'accordéon,
Qu'nos corps se collent, qu'on s'entre-crame comme les moucherons sur les néons.
J'grimace et tu me suis à la trace
On se roule dans le sable en roulant nos roulées d'Drum
Et on gueule aux mouettes qu'on gueulera plus forte qu'elles
On creuse un trou pour se foutre dedans, et tout reboucher sur nos corps
Et on en ressort, on s'fout à poil pour s'jeter dans l'eau gelée
L'écume c'est notre shampoing, mieux que du Dop j'vous jure
Même si là ça pique un peu les yeux
Y a ta paume qui me les frotte amoureusement
Et j'te chuchote, là au milieu d'ces vagues et d'ce vent du Nord,
Qu'mon coeur, je crois bien qui s'balance un peu sur le tien.
Allez viens. Libères tes tripes, et laches cette bouffée
Qu'on s'noie d'cette poésie de petit bois et de petit rêve.


# Posté le vendredi 09 novembre 2007 23:48

Modifié le samedi 10 novembre 2007 00:11

Métro-boulot-prolo-rigolo et autres charmes exquis ( Partie 1 )

Métro-boulot-prolo-rigolo et autres charmes exquis  ( Partie 1 )
Elle se lève à 6h55. Comme tout les matins. Comme tout les matins, elle boit son café noir et se débarbouille la tête avant de sortir prendre le métro direction boulot. Ça fait 889 jours qu'elle reproduit ce même quotidien machinal. Mais dans le métro, quand elle colle sa tête fatiguée contre la vitre, elle aime bien s'imaginer dans ce film de Jeunet, où Amélie a un fabuleux destin, même si elle, elle ne s'appèle pas Amélie. Mais son prénom on s'en fout, c'est qu'un matricule de plus qu'on nous colle sur le front, uniquement pour mieux s'identifier chacun dans la foule informe. Elle aime bien se voir comme un caillou dans le barrage. Comme une Sainte-Thérèse banlieusarde, à son échelle elle essaye. De filer des sourires, de décocher des rires. D'écouter, de parler, de soulager, elle a un c½ur gros comme son utopie. Elle dit, c'est simple le bonheur, quand on veut on peut. Elle ne dit pas ses propres mots, elle ne sait pas parler avec son bide, elle parle comme un livre. Sort de belles phrases gentillettes, mais elle est sincère alors je l'aime bien. Quand elle pose son regard sur moi, je rougis un peu j'avoue. Pas qu'elle soit la plus belle que j'ai croisé. Mais elle dégage cette envie qu'on ne veut pas frustrer. On veut être du voyage, partager sa bonne humeur, même si au fond on est triste, on se fera clown l'espace d'une station de métro pour lui faire esquisser sur sa joue droite sa jolie petite fossette. Je l'avais rencontré par hasard en la bousculant avec ma guitare, à Denfert-Rochereau. En m'excusant, on avait commencé à discuter du métro pourri, et on s'est retrouvé dans un café à Villejuif à s'enflammer sur le réchauffement planétaire, et la politique sécuritaire, on refaisait déjà le monde dans la fumée d'nos clopes.
Aujourd'hui, elle est arrivé dans le wagon les yeux rougis par des larmes males dissimulées. Elle me dit que tout va bien, de ne pas m'inquiéter, que c'est rien, que ça va passer. Puis s'effondre en sanglots dans mes bras. Mandela, son poisson rouge vient de succomber en ce jeudi 20 octobre 2005. On pourrait en rigoler, je sais, mais j'y ai même pas pensé, parce que putain ses larmes elles étaient sincères. Mais comment quelqu'un qui dit tout ce qu'elle dit peut craquer, pour un bout d'écailles pourpres ? Peut-être, parce que c'était Mandela au fond. Je lui dit alors que ce matin j'irai lui en racheter un moi de poisson rouge, et qu'on l'appellera Massoud. Elle relève sa tête d'entre mes bras, et me balance un sourire tellement beau que j'ai envie de l'embrasser, là tout de suite, et de pas aller au travail aujourd'hui, de l'emmener chez moi, et de lui faire l'amour, et de rester nu dans son corps, des heures et des heures, juste à se faire de doux câlins et des petits bisous dans le cou, souffler sur sa nuque, et la regarder dormir et ronfler comme un poivrot. Mais je suis pas à l'aise, je sais pas faire, j'ai peur. Peur de la perdre. Alors j'bafouille deux trois trucs sur la vie aquatique, que j'ai vu un super reportage sur Arté l'autre jour, sur la reproduction des oursins dans le pacifique sud, que c'est révoltant que le corail disparaissent peu à peu quand-même. J'ai réussi, je m'échappe de son charme. Je ne peux pas me faire repérer. Sinon elle saurait que tout ce que je lui dit est faux. Je ne suis pas un mec bien moi, je ne suis pas un rebelle. Et les filles n'aiment bien que les bad-boy ou les rebelles, on dirait. Alors j'me force dans cette image-là. Si elle savait, elle ne me proposerait pas d'aller mangé ensemble ce midi. Je crois.

# Posté le vendredi 09 novembre 2007 23:26

J'ai du mal en c'moment à ne pas écrire de l'amertume, ça passera, attendez, un peu.

J'ai du mal en c'moment à ne pas écrire de l'amertume, ça passera, attendez, un peu.
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Bien sûr que je me réfugie dans un mutisme cynique et mélancolique. Bien sûr que j'veux plus paraître comme le messie. C'est pas parce qu'on arrive à avoir quelque mots justes, qu'on a raison, qu'on est soi-même Juste. Je ne suis pas quelqu'un de Juste. Je ne serais pas votre sauveur. Je ne prêcherai plus la paix et la tolérance. J'veux plus avoir ce poids sur les épaules, et oui je suis lâche. Les héros tombe bien bas de nos jours hein. Mais chercher quelqu'un d'autre pour assouvir votre idéal. Je ne changerais pas le monde demain. Demain, je me défoncerai la gueule. Comme je sais si bien le faire. Demain, j'planerai dans mon petit monde d'autiste rêveur, dans cette bulle synthétique, qui enveloppe avec tant d'onirisme mes heures et mon c½ur. Non je ne suis même pas triste. Je suis sous anesthésie. Je suis ailleurs. J'ai perdu toute forme d'adrénaline. Même la cambrure de vos hanches ne me procure plus d'endorphine. Je ne chercherai plus une vérité inexistante. Je ne crois pas au destin, pour moi l'homme créée ses instants. Après s'il n'arrive pas à se déconditionner pour faire ses véritables et propres choix, la faute lui revient. Alors, c'est sûr, on n'est pas tous né sous la même étoile, mais croyez-moi je ne suis pas parti du paradis pour en arriver là. Je ne suis pas comme ces gens qui se plaignent sans cesse pour des peccadilles. Je sais que sans mon père je ne serais rien. Que sans mon frère je ne serais plus vivant. Que j'ai eu cette putain de chance de croiser des gens qui m'ont supporté et aidé, alors que mon âme se prostituait sur le bord du néant, que mon corps s'échouait au bras de quelques comptoirs visqueux. D'ailleurs, je ne critique pas comme beaucoup de mes proches, la consommation en tant que telle. Ni l'économie en tant que telle. Ni qu'on coupe des arbres, ou qu'on utilise le nucléaire. Je ne rentrerai pas dans vos clichés faciles et sans fond, pour paraître comme un bon rebelle, bien dans son cadre, bien encadré, prêt pour la photo. Je ne suis pas un concept, je ne suis pas un intellectuel. J'ai eu cette merveilleuse chance de grandir au milieu de livres et de débats, sur la politique, la littérature, la philosophie, la culture. On m'a conditionné à me déconditionner sans cesse, on m'a conditionné à penser par moi-même, à toujours être critique. Mais je ne suis que ce monstre issu de générations et de générations trompés, affublés, désenchantés, issu de millions de pensées, de réflexions et de thèses. Je suis cette créature qui pense machinalement sans jamais vraiment croire. On m'a appris à être conscient, à avoir du recul, à essayer de comprendre le pourquoi. Alors, quand à 10 ans, en regardant la télé, on en vient à se mettre dans la tête d'un sniper à Sarajevo, qui flingue les gosses en pleine rue, tout simplement parce qu'ils ne sont pas serbes, alors on peut se demander si la réflexion n'est pas malsaine, si essayer de trop comprendre ne mène pas au fin-fond d'ces bennes à ordures, où l'on patauge dans le sale et l'obscène.

Plus grand chose n'a profondément de sens aujourd'hui, et je vous assure que le mot profondément n'est pas assez fort. On colle des corps balafrés par la maigreur, sur de grandes affiches, faire de la pub à une marque de fringue qui elle-même incite à l'anorexie. Et cet exemple est le symbole même de ce monde, où chacun fout le feu pour venir après jouer les pompiers. Les gens signent leur contrat de travail avec des entreprises que tout le monde sait néfastes pour l'humanité au sens propre du terme, et après viennent s'indigner d'être licencié, sans s'être au préalable, soucié des activités de sa petite multinationale. Total et Elf, en sont les archétypes. Chacune des deux sociétés, ont magouillé, et magouillent encore aujourd'hui, avec des états corrompus et anti-démocratique, pour pouvoir mieux s'implanter, et avoir le monopole. Quand s'intéresse t-on à la formation de tout ça ? De ces trusts-lobby, qui pourrit le monde à la moelle. Et quand les gens réaliseront que les politiques, de gauche comme de droite, sont liés avec le monde des affaires, qu'ils marchent main dans la main pour leur propre intérêt ? Et s'en foute réellement de l'intérêt commun. L'intérêt commun existerait, il y aurait une plus équitable répartition des richesses. Mais c'est pas le cas. Les gens se font manipulés par ces acrobates de la verve, ces artificiers de la persuasion. Les gens ne savent pas nuancer un bon argument de la vérité. Celui qui parle le mieux, le plus vrai a raison. Il se font soit berné par un pseudo bon-sens aux raccourcis d'idées, soit par la volupté de paroles lyriques. Tout ça me fais bien gerber. J'ai voulu. Sincèrement, j'ai voulu me battre contre tout ça, jusqu'à la mort, mais la réalité m'a mis une grande claque dans la gueule quand elle m'a rappelé de ce qu'il en était. Quand vos propres proches ne cessent de vous dire que c'est le chacun pour soi, qu'ici c'est chacun pour sa gueule et nique sa mère les autres. Et même pas besoin de me le dire, je le vois bien assez, ce triste individualisme, cette pâleur d'âme. Je le vois bien assez, pour porter ce trop-plein de peine et vous crier d'aller tous crever dans vos vies bien couvertes d'½illères.
Je finirai par cette citation crue mais qui exprime bien ma pensée :
"Allez tous sucer des bites en enfer ! "

# Posté le jeudi 08 novembre 2007 22:45

Modifié le vendredi 09 novembre 2007 04:31

Le contre-courant demeure mon compte courrant

Le contre-courant demeure mon compte courrant
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Écrire le rire & penser comme les doigts sur un piano.

(texte à venir)

# Posté le jeudi 08 novembre 2007 13:00