Mrs Dalloway

J'ai retrouvé le bouquin qui a inspiré 'The hours', et 'Mrs Dalloway' De Virgina Woolf (Nicole Kidman dans The hours) dans la bibliothèque de mon père. Desfois on a des trésors sous nos yeux sans s'en apercevoir ..

# Posté le lundi 19 novembre 2007 19:19

Modifié le lundi 19 novembre 2007 19:33

J'suis d'ceux qui trainent tard à squatter les bancs tels le fer et l'aimant. Ma vie s'fait d'ces moments où on est mieux loin d'chez soi.


# Posté le dimanche 18 novembre 2007 00:23

Modifié le dimanche 18 novembre 2007 00:39

Insomnie d'hivers

Insomnie d'hivers   ♪
Mon cerveau est un cendrier, où gît quelque mégots éteints, aux filtres cramés. Il empeste le tabac froid. Depuis quelques nuits, j'ai cette tache collée en bas à droite de ma vue. Vous savez comme ces taches que l'on aperçoit l'espace d'une fraction de seconde sur la toile des écrans de cinéma. Elle apparaît, et puis disparaît le temps d'un battement de cils. Je suis le narrateur de cette limace informe. Mais ne vous méprenez pas, Je n'est qu'un Je parmi tant. Je pourrais aisément en compter rien qu'ici 36 différents. Il y a le Je misanthrope, et le Je autiste, il y a le Je moqueur, et le Je sociable. Etc. Je suis le Je insomniaque. Je suis le narrateur. Je frotte ma main gauche à celle de droite. La droite est gelée, elle ne tremble pas nerveusement comme l'autre, non, elle ne ressent plus aucune sensation. Insensible est l'adjectif qu'il convient pour la qualifier. Alors je la passe lentement à travers ma tignasse. C'est comme si je traversais avec elle un champs de blé, où chaque brin s'écarte avec harmonie. Avec cette pieuvre de phalanges, j'attrape ma boite à ivresse. C'est ici que je cache chaque outil, chaque ustensile pour plonger dans mon inconscient. Je saisi à l'intérieur un petit sac plastique. J'en sors une sorte de pâte collante. Je la sectionne en deux parties égales. Et en fout une contre ma gencive. Je l'installe de manière à ce qu'elle ne tombe pas. Ça y est. Des picotements, et un goût de feuille de chênes. Je bascule.
Des images affluent, mon cortex est en ébullition. Ma perception est bancale, et tangue comme une petite barque en rythme sur la houle.
Je vois cet arbre-maison. Et des flocons de sang qui s'en détachent. Et tournoient en l'air. Je les recueille en ma paume. Ils fondent aussitôt comme un bonbon acidulé sur la langue. Il y a un visage incrusté dans l'écorce de l'arbre-maison. Sa bouche est béante. À travers son haleine brumeuse, quelques petits écureuils roux sautillent vers l'extérieur. Ses yeux, bleus turquoises, me sondent. Ma main gauche recommence à trembler. Et quelques taches clignotent furtivement devant mon ½il droit. Un vent murmure dans mon dos, me pousse, me porte presque. Mes pieds glissent doucement vers l'arbre-maison. La peur est présente. Je résiste. Puis une voix me susurre : «laisses-toi faire. Lâches prise. Tout ira bien. Détends toi. Laisse toi porter. Tout ira bien ». J'obéis presque par impuissance. Je ne contrôle rien. Je me calme. Je sais que tout ça n'est pas réel. Tout ça n'est que fantasmagorie. Freud décrirait ça comme un délire, une hallucination, un rêve éveillé que broderait mon subconscient. Mais j'emmerde Freud, Freud ne se droguait pas. Freud renierait toutes ses thèses sur la psychologie humaine, s'il était là à côté de moi. « Entres ». J'entre. Je me recroqueville en un fétus maladroit. Et je tombe. J'ai peur. Je ne vois rien. Et puis j'ai le vertige, j'ai toujours eu le vertige, ce putain de vertige, qui me crispe chaque nerf, chaque muscle, chaque organe, tout se compresse, tout s'obstrue, c'est comme si l'instant du vertige me donnait la sensation de n'être qu'une douleur. La chute est longue. Je crie mais le bruit n'existe pas ici. Les décibels restent dans ma gorge. Et un grand flash lumineux, m'éblouit, m'aveugle. Je sens l'impact arrivé. Ça y est je suis contre du dur. Mon dos est en bouillie, mais je suis encore en vie, je crois. Je suis sur de l'herbe mauve. J'ouvre les paupières, une coccinelle vient se poser le bout d'mon nez. Je lui souffle dessus. Elle s'envole.


À venir: Insomnie printanière

# Posté le vendredi 16 novembre 2007 22:17

Modifié le samedi 24 novembre 2007 21:35

A.

A.
Il y a de la neige fondue sur la joue de maman, elle pleure un peu aussi je crois. Mais elle se retient, elle veut pas craquer devant moi. Alors elle me fait un large sourire, des perles aux yeux. Et il y a cette boule lumineuse qui tourbillonne, et ces étoiles rouges et bleues qui dansent. Il neige, et je peux distinguer chaque flocons. Voir pour chacun leur différence et leur fragilité. On devrait vivre comme eux, toujours unique, en une longue chute, virevolter dans les airs, et se poser enfin, délicatement, sur un amas de neige, et ne faire plus qu'un avec elle. En une osmose. Le ciel est bleu. Juste quelques lacets blancs l'en tâchent, ces traînées d'avion gribouillent la feuille. Il y a cette vieille femme qui me parle bizarrement, et qui m'dit avec un ton grave que j'suis autiste. Alors je vais allé dans une école spéciale on m'a dit, avec des gens comme moi, on m'a dit, parce que je serais toujours différent de tout le monde moi, on m'a dit, on m'a dit que ça serait pas facile pour moi, on m'a dit. Et moi je suis devant cet étrange petit écran noir. Où il y a un petit bébé qui gesticule sur une sorte de radar, comme dans les sous-marins des films. C'est mon petit frère qui arrive. Je bouillonne. Même si sur ma face il n'y a que cette grimace qui tente d'être un sourire. Je sens déjà mon esprit se détacher peu à peu de mon corps. C'est comme dans Astérix, je suis un Obélix d'imaginaire, je peux plus en boire parce que je suis tombé dans la marmite de potion magique étant petit. J'arrive à l'école. Un enfant d'mon âge, arrive sur moi, il a une tête bizarre, il a un gros cou, et un immense sourire qui va presque jusqu'aux oreilles. Il me regarde avec ses petits yeux en amande. Ils pétillent. Il se présente : « moi c'est Joël » et il m'enserre dans ses gros bras, et il me tapote dans le dos, en rigolant par à-coups, et malgré toute son affection, je ne suis pas à l'aise, son corps est contre le mien, et ça me fait mal, ça m'arrache de mes pensées. La maîtresse parle de lettres et de chiffres, d'animaux et de formes, mais moi je suis collé à la vitre de la fenêtre. Je regarde les flocons qui dansent.

SNOW CAKE

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 23:37

Modifié le vendredi 16 novembre 2007 22:31

Trinquer sans troquer, sans accro, ni escrocs, ni croque-mots, ni crack ni héros. En gros snifer le rigolo comme un pot de colle, sans cloque molle.

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 00:01

Modifié le vendredi 16 novembre 2007 00:23