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Au bord d'un quai, les pieds ballants dans le vide, on s'allume une clope en regardant filer les nuages. Et une chimère fait son jogging. Et les idéaux se défenestrent.

Au bord d’un quai, les pieds ballants dans le vide, on s’allume une clope en regardant filer les nuages. Et une chimère fait son jogging. Et les idéaux se défenestrent.  ♪


Matin bleu. Une perle de pluie me tombe sur le front. Notre tente ressemble à une cathédrale de toile, l'humidité comme seul vitrail. Y a plus beaucoup de sens, plus beaucoup de transitions entre mes pensées, entre mes mots et mes journées. Tout n'est que poésie et bohème. L'asphalte devient notre ami, le pouce : notre outil. Et le froid nous glace. Je me sens bohémien comme Rimbaud, les cheveux ébouriffés, presque givrés, et les godasses trouées, je regarde la Grande Ours et Cassiopée, et j'épouse leur scintillement ; je sais, c'est devenu un thème, une technique de séduction, une banalité ridicule, « regarder les étoiles », mais je ne fais pas que les observer, je les matérialise. Je suis comme beaucoup, gosse de l'obscurité, tapis sous la voie lactée, j'explore les arcanes de l'existence, j'voyage sur les fleuves du sombre, à l'affut de la moindre écume de clareté.

# Posté le dimanche 23 décembre 2007 20:22

Modifié le mardi 08 janvier 2008 20:33

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